L'autorail 93 présenté au Musée pendant un an
Cet autorail vicinal fait partie de la collection du TTA (Tramway Touristique de l’Aisne) et est exposé au Musée pour une période d’un an environ. Il s’agit d’un complément indispensable à la collection SNCV (Société Nationale des Chemins de fer Vicinaux) exposée au Musée.

La SNCV est créée en 1884. Son réseau qui dessert les régions rurales, les banlieues industrielles et les zones moins peuplées, vient en complément au grand chemin de fer et aux compagnies de tramways urbains. La traction vapeur est d’abord utilisée sur le réseau. Les lignes principales sont électrifiées dès 1894. Après la première guerre mondiale, la SNCV décide de moderniser son réseau :
- pour les lignes à fort trafic voyageurs, la traction électrique est substituée à la traction vapeur;
- pour les nombreuses lignes campagnardes à faible trafic, la SNCV se tourne vers une solution plus économique : l’utilisation d’autorails diesel.
A partir de 1930, plusieurs ateliers vicinaux construisent des prototypes, adaptés aux besoins du réseau, qui adoptent immédiatement l’aspect des trams électriques. De ces essais naquit un type d’autorail à deux essieux et deux postes de conduite. L'AR 93 fait partie de la série 92 à 97 construite par l'Atelier SNCV de Kessel-Lo. Le moteur d'origine est un Brossel à essence, qui sera remplacé par un moteur diesel en 1938.

Après la seconde guerre mondiale, les locomotives à vapeur qui assuraient encore le trafic lourd des marchandises ont complètement disparu. La SNCV expérimente la transformation d’un autorail en autorail tracteur, en doublant quasiment son poids et en l’équipant d’un moteur diesel General Motors provenant … des chars « Sherman » de l’armée américaine. C’est ainsi que l’autorail 93 (AR93) est transformé en autorail tracteur (ART93). Les autorails tracteurs ont assuré de nombreux services sur l’ensemble du réseau SNCV entre 1948 et les années 1960.
En 1966, l’autorail 93 est délesté. Redevenu AR, il est prêté au TTA et assure le service dès le début de l’exploitation touristique de l’ancienne ligne vicinale ardennaise.




