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Motrice éléctrique 19

motrice19

Voie: 1m
Longueur de la caisse: 4,400 m
Longueur de la plateforme: 0,970 m
Longueur du châssis: 6,340 m
Longueur d’un tampon: 0,450 m
Longueur hors-tampons: 7,240 m
Largeur de la caisse: 2,320 m
Hauteur de la caisse: 2,1850 m
Hauteur rail-toiture: 2,902 m
Empattement: 1,800 m
Diamètre au roulement: 0,800 m
Tare: 7,600 T

Motrice à traction électrique n° 19

La motrice est à 2 essieux et caisse en bois, avec truck séparé en treillis. Le compartiment, unique, de 2e classe, offre 6 X 4 places sur banquettes disposées transversalement de part et d’autre d’un couloir situé dans l’axe de la voiture. La capacité totale des plateformes est d’environ 15 places debout.

Société Nationale des Chemins de Fer Vicinaux (S.N.C.V.)

Elle appartient à une série de 24 voitures motrices, numérotées à l’origine de 1 à 24, les toutes premières de la S.N.C.V., acquises pour assurer l’exploitation électrique sur la première ligne vicinale ainsi équipée «Bruxelles-Petite Espinette».

Cette série se compose de 3 sous-séries. La tranche de 1 à 12 fut construite parla firme Verhaegen à Malines suivant adjudication du 29.09.1893 et livrée en 1894, au début de l’exploitation de la ligne citée; la tranche 13 à 18 fut construite par la «Franco-Belge» suivant adjudication du 20.11.1894 et livrée le 24.04.1895; la tranche 19 à 24 fut construite par Verhaegen à Malines, suivant adjudication du 28.01.1896 et livrée en julllet-août 1896. Toutes les voitures étaient identiques sauf quelques détails de construction du truck.

L’équipement électrique d’origine est Thomson-Houston. En effet, l’armement électrique de la ligne de l’Espinette avait été confié à l’Union Electricität Gesellschaft (UEG) de Berlin, filiale du groupe américain Thomson-Houston General Electric C°. Les moteurs primitivement du type W.P. (20 CV) sur les toutes premières voitures de la série ont été remplacés après quelques mois d’exploitation par des G.E. 800 (28 CV), du même constructeur. La captation du courant se fait par perche. Les motrices n’étaient pas équipées de chauffage.

Les sous-séries furent transformées vers 1910: fermeture des plateformes; paravents saillants avec châssis vitrés coulissants et écrans protecteurs latéraux; suppression de la porte d’intercirculation; chaque plateforme voit sa capacité augmenter de 4 places par allongement des plateformes de 60 cm; placement de banquettes en vois longitudinales le long des parois en remplacement de sièges transversaux; remplacement du châssis original en  bois renforcé métal par un châssis entièrement métallique. Elles furent équipées d’un frein à air (système Böcker) alimenté par un compresseur coaxial sur remorque. Sans la remorque, la motrice ne disposait donc que de son frein à main.

L’ensemble de la série sera numérotée successivement: 1 à 24; ensuite A. 1 à A. 24; a partir de 1898: M. 1 à M. 24; de A. 900 à 9024 en 1904, dans le cadre de l’harmonisation des structures de numérotation du matériel vicinal.

Elle resta en exploitation jusque dans les années 50! En fin de carrière, elle fut affectée aux manœuvres au dépôt de Leerbeek (et pour cette raison munie d’un pantographe!). Elle fut récupérée par les Ateliers de la rue Eloy à Bruxelles en mars/avril 1954 et elle fut remise en état d’origine (notamment par enlèvement des paravents et autres accessoires) et en état de circuler avec la remorque (également remise en état d’origine) A 596. C’est ainsi qu’on la vit fièrement circuler notamment le 12 septembre 1958!
Dès l’ouverture au public le 26 mai 1962, la motrice 19 est présentée dans son état d’origine dans le musée de Shepdael (ancien dépôt sur la ligne de Bruxelles à Ninove),  créé par la S.N.C.V. à l’instigation de l’Amutra.

En 1980, une exposition sur les transports public est organisée à Bruxelles, avec la collaboration de la S.N.C.V.: la motrice 19 - notamment - y est exposée. Ultérieurement, lors de la création du «musée du transport urbain bruxellois», la présence de la S.N.C.V. est étoffée sous la bienveillance de M. Cudell et du conseil de l’époque par la présentation de quelques véhicules vicinaux (dont cette motrice) de façon à illustrer le transport vicinal de voyageurs dans la périphérie bruxelloise.

Lors de la dissolution de la S.N.C.V., le matériel est réparti entre les 2 régions du pays: cette voiture est affectée à la S.R.W.T. (région wallonne) mais reste exposée au musée de Woluwé (M.T.U.B.).

Par décision du conseil d’administration, la S.R.W.T. décide d’en convier la garde et la présentation au musée de Liège. Le transport de Bruxelles à Liège a eu lieu le jeudi 14.12.2006.

Les premières lignes vicinales à traction électrique du réseau de Liège

Considérant les heureux résultats obtenus par la traction électrique sur la ligne Bruxelles-Petite Espinette, la S.N.C.V. entreprend timidement la même modernisation sur certains itinéraires relativement courts des contrées semi-urbaines, dans la partie industrielle du pays, et pourtant la plus peuplée. Par Arrêté Royal du 14.04.1898, la S.N.C.V. obtient la concession d’une courte ligne strictement urbaine (4,560 km) vers Tilleur, avec embranchement vers Grâce Berleur (6 km au départ de Liège). Les premiers travaux sont adjugés le 10.05.1899. Liège-Grâce-Berleur («Perou») et inauguré le 09.05.1901, et Liège-Tilleur le 06.07.1901. Ces lignes sont exploitées par 15 motrices électriques dites «A3» n° M86 à 100 (qui deviendront A. 9086 à 9100) faisant partie d’un lot de 28 voitures achetées au prix de 10.500 Fb pièce par la S.N.C.V. à la compagnie Ixelles-Boendael. La ligne Liège à Rocourt dépôt est électrifiée et mise en service le 14.08.1901 grâce à l’apport des voitures suivantes 9101 à 9113. Les électrifications sont poursuivies sans relâche. En 1905 seulement arrivent 10 motrices des Ateliers Métallurgiques de Nivelles n° 9159 à 9168 équipées de moteur EHT de 37,5 CV de la firme «Electricité et Hydraulique de Charleroi», ancêtre des ACEC.

La motrice n° 19 n’a donc jamais roulé en Pays de Liège. Mais, à quelques détails près, elle est identique au premières motrices électriques qui ont roulé à Liège sur les lignes vicinales de Liège vers Rocourt, Vottem, Grâce, Tilleur, etc.

La traction électrique sur le réseau vicinal liégeois est donc représentée par 3 véhicules: la 19 dès le début, en 1901; la 10112 pour la période 1935-1955; la S 10063 pour la période 1953 à la fermeture du réseau. Il n’y a pas de représentant de la série prestigieuse des «standards à bogies».

Cette motrice 19 de la S.N.C.V. est aussi «contemporaine» en conception des motrices à écartement normal des réseaux urbains et suburbains exposées: la 43 de l’Est-Ouest et la 1 des RELSE (Liège-Seraing).